^^ Le monde est plus beau avec des oreilles de lapin ^^

II - Le bonsaï au quotidien

 

1) Apprendre à reconnaître un bonsaï

L’extrême discrétion naturelle du bonsaï rend délicate son identification par le néophyte. Combien de jeunes de nos cités en croisent dans la rue sans même s’en rendre compte ! Les rustres. Voici quelques éléments qui, je l’espère, vous donneront toutes les chances de distinguer un bonsaï d’un caniche nain ordinaire et de ne pas passer à côté d’une rencontre inoubliable.

  • Le bonsaï est soit japonais (et par conséquent orgueilleux, misogyne, mange tout cru et marche en dedans), soit chinois (et par conséquent orgueilleux, misogyne, mange et marche quand il a fini de fabriquer des feuilles pas chères dans le plus total mépris des règles du droit international).
  • Le bonsaï est petit (à peu près un gnome – un gnome et demi, selon les espèces).
  • Le bonsaï n’est pas sportif. Il préfère la méditation aux activités physiques et peut parfois rester immobile pendant des journées entières.
  • Le bonsaï parvient néanmoins à rester svelte et à limiter son taux de lipides grâce à une hygiène de vie saine et une alimentation soignée.
  • Le bonsaï laisse difficilement transparaître ses émotions. Tout juste un œil exercé parvient-il parfois à distinguer un léger sourire ou froncement de sourcil.
  • Le bonsaï boit beaucoup. Il peut absorber plusieurs fois son poids en liquide sans rien perdre de son flegme et de sa dignité. Cependant, particularité curieuse sur laquelle s’interrogent encore les spécialistes, il n’accepte de boire que s’il y est invité par autrui et est capable, dans le cas contraire, de se laisser mourir de soif.
  • Autre objet d’étonnement : quoique très pudique, le bonsaï refuse systématiquement et obstinément de se doucher lui-même. Si la cause de ce comportement reste encore à déterminer, il ne faut en tout cas y voir aucun signe de perversion, l’intégrité morale du bonsaï étant unanimement reconnue. On sait par exemple que les petits êtres ont de tout temps souffert d’un physique pouvant parfois prêter à confusion, comme l’illustre l’estampe ci-dessous, qui décrit le trouble envahissant une jeune femme à la vue d’un bonsaï à la forme équivoque, ce qui semble mettre celui-ci extrêmement mal à l’aise.

D’une manière générale, peu d’éléments permettent de se faire une idée claire sur la vie sexuelle du bonsaï et les thèses les plus fantaisistes circulent à ce sujet. Ainsi l’éminent professeur Marcel, sexobonsaïologue fort respectable par ailleurs, n’hésite-t-il pas à soutenir que certains bonsaïs, sous le couvert d’une existence paisible et solitaire vouée à la philosophie contemplative, mènent une double vie faite de débauche et de dépravation. Il convient bien sûr de traiter ce genre de déclarations avec la plus grande précaution, la sexobonsaïologie n’en étant qu’à ses balbutiements. Néanmoins, et bien que la pudeur et la réserve naturelles du bonsaï ne semblent pas conforter ses théories, rien ne prouve formellement que le professeur Marcel ment (sexuel).

 

 

 

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